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La bienveillance par le dialogue : l’importance de la communication pour les organisations  

Approche

1 novembre 2023

Blogue CANE

Depuis la crise sanitaire, nous entendons beaucoup le mot « bienveillance » dans les organisations.  Le ralentissement causé par un traumatisme collectif nous a amenés à nous questionner encore davantage sur ce qui nous fait du bien. La gentillesse à l’égard des uns et des autres a une cote de popularité assez grande quand nous tentons de comprendre ce que les gens veulent dire par bienveillance. Parfois, nous entendons aussi de la méfiance associée à la bienveillance parce que la gentillesse en milieu de travail est parfois perçue comme suspicieuse, inauthentique et comme un manque de courage. Mais est-ce que bienveillance est synonyme de gentillesse? Qu’en est-il exactement?

Qu’est-ce que la bienveillance? 

Selon le Larousse, la bienveillance est une disposition de l’esprit inclinant à la compréhension, à l’indulgence envers autrui.

Donc, la bienveillance est avant tout un état d’esprit, une attitude intérieure, avant même d’être un comportement. C’est de vouloir veiller au bien-être de l’autre, sans attendre rien en retour. C’est chercher à comprendre l’autre, de l’écouter sans juger, d’être tolérant envers l’autre. 

Bien que chacun de nous possède cette qualité, la cultiver relève du choix. Car pour la pratiquer pleinement, il faut être pleinement présent. En effet, tellement de situations quotidiennes peuvent nous faire basculer dans la réactivité et dans la recherche de coupables. La bienveillance peut difficilement se manifester dans un tel contexte. 

Ce qui freine l’expression de la bienveillance

Comme la présence est requise pour l’exprimer pleinement, ne pas savoir gérer son stress et ne pas prendre soin de soi et de ses besoins sont des freins importants à la bienveillance. En effet, je ne peux vraiment faire preuve de bienveillance à l’égard des autres si je ne débute pas avant tout par moi-même. La bienveillance régulière à mon égard me prédispose à l’être envers les autres en me rendant présente.

Les jugements sont des freins également. Lorsque je juge les autres, je me maintiens dans un espace superficiel qui ne me permet pas d’aller au-delà de ce que je vois ou j’entends. La bienveillance, c’est chercher à comprendre l’autre. Pour ce faire, je dois conscientiser ces jugements pour aller au-delà.

Le sentiment de culpabilité, me sentir inadéquat et me comparer aux autres ne me permet pas non plus d’être bienveillant à l’égard des autres, puisqu’en adoptant cette attitude, je fais peu de place à l’indulgence envers moi-même, et par ricochet, envers les autres. Lorsque j’entretiens le jeu de la comparaison, je cherche à évaluer ce que je suis par rapport aux autres. Meilleur? Pire? La bienveillance est possible que lorsque chacun est perçu comme étant égal.

Cultiver la bienveillance au travail : transformez vos discussions en dialogue

Au travail, nous avons davantage tendance à discuter plutôt qu’à dialoguer.  En effet, nous analysons la situation, nous argumentons et contre-argumentons, pendant que l’autre nous parle, nous réfléchissons à ce que nous allons dire pour prouver le bien-fondé de notre position. C’est rapide, énergique et normalement court parce qu’on a quand même autre chose à faire. Son objectif est la résolution de problème et souvent l’un ou l’autre doit faire des concessions pour en arriver à une conclusion.  Mais que retirons-nous réellement de ce genre d’échange? Frustration d’avoir trop écouté ou ego gonflé à bloc pour avoir gagné?

Le dialogue quant à lui, s’attarde à l’écoute de l’autre tout en étant à l’écoute de soi. Il est plus lent que la discussion parce qu’il requiert l’expression sincère de ce qui est vivant pour chacun dans l’instant présent. Son objectif est d’arriver à trouver la meilleure manière de faire les choses qui respectera les besoins de chacun. Envie d’essayer?

Lors de votre prochaine interaction avec un collègue, prenez le temps d’observer votre respiration et de la rendre plus profonde. Ceci aura pour effet d’apporter un sentiment de calme et de ralentir votre cadence. Alors que votre interlocuteur vous parle, écoutez-le pleinement, sans l’interrompre, sans rien dire, sans rien faire.  Interrogez-vous sur les sentiments qu’il éprouve, sur les besoins qu’il tente de combler alors qu’il vous parle. Lorsqu’il s’arrête, exprimez ce que vous avez compris de sa communication et demandez-lui de confirmer que vous avez bien saisi.  S’il confirme, vous pouvez poursuivre. Sinon, il aura la possibilité de préciser. Puis, exprimez votre réaction à ce qui vient d’être dit et parlez de ce qui est important pour vous.  L’un pourra ensuite proposer une action, faire une demande à laquelle l’autre réagira sur la manière dont elle répond aux besoins des deux. Lorsqu’arrivé à une entente, prenez le temps de remercier votre interlocuteur d’avoir pris le temps de vous expliquer ce qui comptait vraiment pour lui.  Parlez-lui de l’effet que votre échange a eu sur vous.

À force de pratiquer le dialogue en organisation, plusieurs bénéfices s’installent : une plus grande créativité, confiance en soi et en l’autre, sécurité psychologique, une connexion plus profonde entre les collaborateurs, un besoin d’appartenance comblé,  une plus grande agilité pour satisfaire et même surprendre la clientèle et l’ensemble des parties prenantes.

Et la gentillesse dans tout ça?

Il arrive assez souvent que nous adoptions un comportement de gentillesse pour faire plaisir avec l’intention d’être aimé, apprécié des autres, d’être accepté et pardonné. L’intention derrière cette gentillesse s’éloigne de la bienveillance parce qu’un objectif de résultat supporte le comportement. Lorsqu’un comportement de gentillesse est dénudé d’objectif, d’attente de résultat et dont la seule intention est de prendre soin de l’humanité, il s’agit alors d’une caractéristique de la bienveillance. Et vous, votre gentillesse, d’où part-elle?

Vous avez envie de poursuivre votre réflexion sur le sujet de la bienveillance et du dialogue, nous vous recommandons ce classique de Thomas d’Ansembourg : « Cessez d’être gentil, soyez vrai! »

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